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Les Rayons et Les Ombres, malaisant et sublime aurait écrit Duras ?

  • il y a 5 jours
  • 2 min de lecture


Un film sur un collabo avec comme coscénariste Jacques Fieschi, ma curiosité était éveillée. Mais je n’étais pas préparé au choc du film de Xavier Giannoli, Les Rayons et Les Ombres. Je l’imagine connaitre la renommée de ces œuvres inoubliables sur des salauds : au cinéma Les Damnés de Luchino Visconti (1969), en littérature Les bienveillantes de Jonathan Littell (Goncourt 2006). Documenté et surfant sur l’ambiguïté, le texte déploie une puissance implacable : rien n’est jamais ni noir ni blanc. Même quand l’histoire tourne à l’abject ? Malaisant - si ce mot existait - le film le serait assurément. Avec Otto Abetz, l’ambassadeur d’Allemagne en France dont l’histoire a retenu, au-delà de ses crimes, qu’il a sauvé Paris de la destruction ordonnée par Hitler, le journaliste Jean Luchaire (excellent Jean Dujardin) essaye de faire perdurer, dans la France occupée, l’esprit de l’amitié franco-allemande d’avant-guerre. Est-ce que le film renvoie à notre actu ? Oui, dans la mesure où les tourments de l’histoire se répètent à l’infini. Non, car il ne serait pas sérieux de comparer l’antisémitisme de la majorité silencieuse des Français de 1940 à celui d’une minorité, parfois très en colère, en 2026. Comme un clin d’œil à sa propre trajectoire, le texte de Jacques Fieschi, né en 1948, année où débute le film, esquisse aussi un hommage au cinéma comme art de la délivrance. Alors que sa tuberculose menace de l’emporter avant ses vingt-cinq ans, la fille de Jean, l’actrice Corinne Luchaire (sublime Nastya Golubeva-Carax) porte ce message d’espoir. Puisse notre époque, avec Xavier Giannoli, enseigner aux YouTubeurs et autres Instagrameurs compulsifs l’immense Victor Hugo, son poème Sagesse tiré de Les Rayons et Les Ombres (1840) :

« Tout homme sur la terre a deux faces, le bien

Et le mal. Blâmer tout, c’est ne comprendre rien.

Les âmes des humains d’or et de plomb sont faites.

L’esprit du sage est grave, et sur toutes les têtes

Ne jette pas sa foudre au hasard en éclats.

Pour le siècle où l’on vit - comme on y souffre, hélas ! -

On est toujours injuste, et tout y paraît crime.

Notre époque insultée a son côté sublime.»

 

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