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Les protocoles dérisoires de Constance Debré

  • Photo du rédacteur: Tanguy Piole
    Tanguy Piole
  • il y a 2 jours
  • 1 min de lecture


Protocoles, le cinquième livre de Constance Debré, n’est que partiellement extrait de la veine autofictionnelle qui a fait son succès : deux récits enchâssés se répondent, un premier texte, clinique et glaçant, sur les modalités d’application de la peine de mort aux États-Unis, un second sur les aventures sexuelles, professionnelles et parentales de l’autrice-avocate. Ce dernier comme pour suggérer que nos existences sont régies par des procédures invisibles dont le respect aurait pour but d’assurer le bon déroulé de l’existence. Cela donne un livre ramassé, puissant et profondément dérangeant. Sur la forme, on retrouve l’écriture acérée de Constance Debré, sa ponctuation allégée permettant de balayer les obstacles à l’écoulement émotionnel. Sur le fond, par la description des détails les plus sordides du protocole non compassionnel de la mise à mort, Constance Debré frappe au moins aussi fort que Victor Hugo dans Le dernier jour d’un condamné ou Robert Badinter dans ses divers ouvrages sur la peine de mort.

 

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